« Depuis 2026, l’été n’a plus rien de léger, quelque chose a changé. L’été nous a été volé ». Ces mots de l’écrivain Serge Joncour traduisent parfaitement le sentiment dominant des dernières semaines. Vagues de chaleur totalisant 52 jours (décompte arrêté au 18 août), méga-feux ravageant des milliers d’hectares, sécheresse historique pour 95 % du territoire, surmortalité de 7 000 personnes… Quiconque aurait voulu se couper du monde pendant ses congés, n’aurait pu rester indifférent à cette météo hors-norme et aux catastrophes naturelles et sanitaires qui en ont résulté.
Même un séjour dans un ermitage de montagne, à l’écart des réseaux, n’aurait pas suffi à regagner l’insouciance qui caractérise d’ordinaire les grandes vacances. Au gré des balades on y aurait constaté la flore absente, les torrents à sec, les alpages devenus paillassons, les feuillages défraîchis ou le sable du Sahara colorant les glaciers.
Les mois sans R de 2026, contribueront, encore plus que ceux de 2003 ou 2022, à faire de l’été un synonyme de fournaise et d’étouffement.
La conscience née de cet épisode questionne nos accommodements estivaux avec l’écologie. Le tri des déchets que l’on abandonne, le billet d’avion que l’on achète, la piscine que l’on remplit ou la clim’ que l’on oublie d’éteindre, les emplettes superflues qui se multiplient.
L’idée de vacances éthiques gagnera sans doute les esprits mais se traduira t-elle en actes ? Faute d’être relayés par des décisions fortes à l’échelle nationale, les changements de modes de vie resteront marginaux. Un fait divers, une petite phrase, auront tôt fait de reléguer l’urgence climatique au second plan de l’actualité et de nos tourments. Infime au plan individuel mais immense au niveau collectif, nous portons et porterons dans ce renoncement politique la responsabilité du bulletin de vote. Alors, quand viendra le printemps 2027, souvenons-nous de l’été 2026 !
Très belle rentrée à toutes et tous
Les élu.es du groupe "Gières Aujourd'hui et Demain"
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